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23 févr. 2007

Augustin Legrand et l'engagement solidaire

Depuis mi-décembre, nous avons longuement rendu compte des débâts sur les SDF. Où en est-on ? Augustin legrand, le leader des Don Quichotte devait partir en Afrique du Sud exercer son métier de comédien. Il a négocié rapidement un accord pour rendre le droit au logement opposable. Et puis il est parti travailler...
Une loi a effectivement été discutée au parlement. Trop occupés à relayer le vide de la campagne électorale, les médias n'ont pas beaucoup relaté le travail parlementaire. Nous n'en dirons donc rien (si vous avez des infos, merci de nous les envoyer).
Cette semaine, Augustin Legrand, de retour sur le canal St Martin se rend compte que les SDF se sont sentis abandonnés et déclare avoir été trahi par le minsitre. Hier soir, il est retourné dormir sous les tentes avec eux. C'est un peu fou, un peu ridicule. A un moment donné, il va bien falloir qu'il retourne chez lui. Sa famille l'attend !

Ces évènements nous posent la question de l'engagement : jusqu'à où est-on prêt à aller dans le solidarité ? Lorsque l'on donne la main à une personne, on s'engage envers elle. Elle compte sur vous. Peut-on repartir à nos occupations comme si de rien était ? Mais alors, comment ne pas être otage de ses engagements ?

Reprenons l'Evangile de Marc
Jésus se mettait en route quand un homme accourut vers lui, se mit à genoux et lui demanda : « Bon maître, que dois-je faire pour avoir en héritage la vie éternelle ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi m'appelles-tu bon ? Personne n'est bon, sinon Dieu seul. Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d'adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L'homme répondit : « Maître, j'ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse. » Posant alors son regard sur lui, Jésus se mit à l'aimer. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres et tu auras un trésor au ciel ; puis viens et suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s'en alla tout triste, car il avait de grands biens. Alors Jésus regarde tout autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d'entrer dans le royaume de Dieu ! » Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.
Mais Jésus reprend : « Mes enfants, comme il est difficile d'entrer dans le royaume de Dieu. Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille qu'à un riche d'entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? » Jésus les regarde et répond : « Pour les hommes, cela est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. » Pierre se mit à dire à Jésus : « Voilà que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : personne n'aura quitté, à cause de moi et de l'Évangile, une maison, des frères, des soeurs, une mère, un père, des enfants ou une terre, sans qu'il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, soeurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle. »

Ce texte, nous le connaissons par coeur, et pourtant...

10 févr. 2007

Orléans : Un toit est un droit

Sur ce blog, nous longuement parlé des SDF et suivi les opérations de l'association Les Enfants Don Quichotte. Nous avons également évoqué la mort de l'abbé Pierre. Ces évènements ont soulevé dans la population un élan de générosité et de sympathie.

Prenant le relai des Don Quichotte, l'association Droit au Logement installait à Orléans un ministère de la crise du logement au dessus de l'ancien supermarché Coccinelle, fermé depuis des mois par un rideau métalique. Evidement, cette opération gênait sans doute les propriétaires mais on n'osait pas intervenir car au même moment, le gouvernement travaillait sur une loi sur le droit au logement opposable et L'Abbé Pierre nous faisait ses adieux.

Voilà que dans la journée d'hier, des travaux ont été effectués : non pas des travaux de réhabilitation pour créer une nouvelle activité ou pour aider les déshérités. On a simplement muré l'immeuble.

Etonnante société qui s'enflamme pour ses pauvres pour les oublier en 3 semaines et qui construit des murs plutôt que des passerelles...

26 janv. 2007

Davos 2007 - Social Entrepreneur


vidéo en anglais


A Davos, Loic Lemeur a interviewer Mel Young qui nous parle de son experience de "social entrepreneur" : il organise des championnats du monde de football pour SDF ! Comment, dans quel but ?...

22 janv. 2007

L'abbe Pierre est-il mort ?

Appel de l'Abbé Pierre "Mes Amis, Au Secours !..." pendant l'hivers 1954

A l'angle du Boulevard Jean Jaures et du Faubourg Madeleine, l'association droit au logement, vient d'ouvrir un "Minitère de la crise du logement".

7 janv. 2007

Don Quichotte Orleans - des citoyens s'engagent pour leur prochain

A defaut d'un toit, une toile de tente

Dans notre "mini-sondage" (à droite de cette page), nous avons posé des questions sur l'engagement. Au nom de quoi, pour qui et comment sommes-nous prêts à nous engager ? Au travers des quelques réponses (n'hésitez pas à y laisser les vôtres), on voit que qu'on essaye d'aider directement ceux que l'on connait (famille, amis) et on laisse à l'état et aux associations locales le soin de s'occuper de ceux que l'on ne connait pas. On n'est pas vraiment prêt à s'engager envers le pauvre en bas de chez soi.

L'opération des Don Quichotte, très médiatique à Paris, a connu un sort différent mais assez intéressant à Orléans. Après 2 soirs, on a rapidement vu qu'Orléans n'arrivait pas à se mobiliser et on a annoncé l'arrêt de l'opération. Des gens se sont alors levés pour dire leur solidarité, non seulement avec la démarche des Don Quichotte mais aussi envers les jeunes SDF que l'on avait embarqué dans l'aventure.

Qui sont ces gens ? Des citoyens, pas forcément engagés dans les tissus associatifs traditionnels, mais qui refusent d'accepter une situation qui les choque : "On ne peut pas les lâcher. C'est injuste ! [...] On va essayer de les aider à se réinsérer. On a déjà réussi à obtenir un entretien pour un jeune dés lundi prochain. On veut vraiment les aider. Ils ne vont quand-même pas attendre fin 2008 pour que les changent pour eux !"

Ce pouvoir d'indignation et la volonté d'aider concrètement son prochain, comment ne pas le perdre quand on est confortablement installé, que l'on paie ses imports et que l'on donne aussi de l'argent aux associations ? Quelle part pour notre responsabilité individuelle envers celui qui, près de nous, est dans le besoin ?

L'association "Les enfants de Don Quichotte Orléans" est joignable au travers de Laurence et Pascal à l'adresse : delannoy.pascal@akeonet.com

Autres articles au sujet des SDF

5 janv. 2007

Droit au logement opposable - Bernard Devert - Habitat et Humanisme

Habitat et Humanisme

LE DROIT OPPOSABLE


Le site une société plus juste des semaines sociales de France publie ce texte de Bernard Devert - Fondateur du Mouvement Habitat et Humanisme


"Il y a bien longtemps que le droit à l'enseignement est un droit opposable comme plus récemment celui des soins. Or, celui du "prendre soin" que représente le logement est méprisé voire massacré alors même que l'absence de toit met gravement les personnes en danger. Comment marquer la moindre réserve sur le fait que toute personne a droit à un logement. Injuste le fait que ceux qui sont le plus en difficulté soient condamnés à des conditions d'accès qui relèvent plus de l'ordre de l'exploit que de l'exercice réel d'un droit affirmé et sécurisé. Comment ne pas faire nôtres, les positions exprimées par ATD Quart Monde, le Secours Catholique, le Secours Populaire, la Fondation de l'Abbé Pierre, Emmaüs et bien d'autres..."

Suite de l'article de Bernard Devert sur le droit opposable...

31 déc. 2006

Le Nouvel an des SDF orleanais

A defaut d'un toit, une toile de tenteAprès 2 jours d'actions médiatiques, et comme annoncé précédemment, l'association "Les enfants de Don Quichotte" a passé le relai aux associations orléanaises.
Sur les 20 tentes apportées de Paris, 12 ont pris le train vers Tours.

En ce dimanche 31 décembre, pas d'associations sur le campement, juste 5 jeunes SDF. Je suis passé les voir. Des jeunes très sympathiques, pas trop politisés. Ont-il seulement une idée du sens de l'action à laquelle ils contribuent ? Je me suis dit qu'ils devaient se sentir abandonnés, tout seuls au milieu de leur place, sans micro, sans téléphone portable, sans caméra. Pendant les 10 minutes passées avec eux, j'ai vu passer un couple: "Tenez, il nous reste des chocolats de noël, je vous ai fait des ballotins. Bonne année !" et puis un homme : "Un monsieur au bar en face vous paye un café. Si vous l'acceptez, ça vous permettra d'être au chaud et d'aller aux toilettes". Plus tôt, une personne avait offert une place de cinéma.
En repartant, j'ai pensé qu'il y a quelques semaines, si je les avais croisé avec leurs chiens, rue de Bourgogne, j'aurais sans doute eu un peu peur d'eux.

Cette opération aura sans doute eu cet effet-là, faire que nous, orléanais, reconnaissions en ces jeunes SDF non pas des marginaux mais des frères. Pendant qu'ils sont encore là, allez les voir, vous en reviendrez grandis !

Miguel Teixeira
Responsable de Secteur.

PS: L'un des chiens vous amène volontiers des bouchons en plastique. N'hésitez pas à jouer avec lui, il est formidable !

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30 déc. 2006

On parle des SDF, les SDF nous parlent...

Comment faire parler de ceux que l'on ne voit pas ? L'histoire des "enfants de Don Quichotte" a commencé avec 3 personnes décidées, 20 euros et une caméra vidéo. Ils sont allé à la rencontre des SDF, les ont filmé, mis les videos sur internet et alerté les médias. Faut-il signer la charte ? A vous d'en décider. Ce qui serait dommage, c'est de passer à côté de ces témoignages. Ils sont consultables, notament, sur dailymotion. En voici trois, parmis d'autres...

voir d'autres témoignages...

Enfin, pourquoi cette référence un peu folle à Don Quichotte ? Voici un début d'explication...


Les enfants de Don Quichotte sur Orléans au nouvel an
Lire la charte

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28 déc. 2006

SDF - Enfants de Don Quichotte a Orleans

Enfants de Don Quichotte Quai St martinDepuis le 16 décembre 2006, à Paris, l'association "Les enfants de Don Quichotte du canal Saint-Martin" mène une campagne médiatique pour sensibiliser les français aux problèmes des SDF.

Ce jeudi 28 décembre, l'association a décidé d'installer un campement devant le cinéma Pathé, Place de la Loire à Orléans.

Autour d'Augustin Legrand, natif de Neuville aux Bois et responsable de l'association, une soixantaine de personnes ont bravé le brouillard et le froid pour rejoindre le campement. A chaque sortie de séance de cinéma, les badauds s'approchent des tentes. Le dialogue s'instaure :

"30 % des SDF ont un travail. J'ai vu des cadres virés par leur femme perdre logement, argent, voiture et se retrouver à dormir sur un carton. La rue, c'est plus le clochard qui boit avec sa barbe longue, c'est des gens comme vous et moi. Au bout de 4 mois, vous êtes détruit. Votre seul objectif : manger et rester propre. Il faut survivre ! Le logement d'urgence ne suffit plus, il faut des solutions durables."

reportage photo m6info"Aujourd'hui, un vrai débat est en train de voir le jour. Le mouvement est soutenu par un grand nombre d'associations et les partis politiques, de droite comme de gauche, qui signent notre charte. Le campement sera encore là demain soir. Après, c'est aux associations orléanaises de prendre le relai.".

"OK, demain, j'amène une tente"

On a entendu dire que ce mouvement était trop médiatique. N'empêche, il va au devant des gens qui sortent tranquillement de leur séance de 20 H pour les mettre en face de leur responsabilités citoyennes. Il a déjà eu des résultats puisque le gouvernement a pris des mesures d'urgence en faveur des SDF.

Pourra-t-il aller plus loin et aider à avancer sur ce problème qui ne fait pas honneur à la cinquième puissance du monde ?

Les enfants de Don Quichotte sur Orléans au nouvel an
Lire la charte

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17 déc. 2006

Le Noel des SDF a Orleans

le Noel des SDF "Papa, Maman, y'en a qui font du camping à Paris !" "C'est pas du camping ma chérie..."

La pluie et le froid se sont installés. A Orléans, les SDF n'ont pas de tente. Ils ont autant froid qu'à Paris mais on ne les voit pas.

A l'heure de la course aux cadeaux, où l'on cherche de manière frénétique comment faire en sorte que Noël soit une fête pour chacun dans notre famille, c'est peut-être le moment d'avoir un geste envers ceux qui n'ont plus grand chose pour survivre...

Comment faire pour que, eux et nous, vivions ce Noël autrement ?

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1 janv. 2000

Droit au logement opposable - Bernard Devert - H&H

LE DROIT OPPOSABLE

2 janvier 2007 - Bernard Devert - Fondateur du Mouvement Habitat et Humanisme
texte publié par le site pour une société plus juste des semaines sociales de France

Il y a bien longtemps que le droit à l'enseignement est un droit opposable comme plus récemment celui des soins. Or, celui du "prendre soin" que représente le logement est méprisé voire massacré alors même que l'absence de toit met gravement les personnes en danger.
Comment marquer la moindre réserve sur le fait que toute personne a droit à un logement. Injuste le fait que ceux qui sont le plus en difficulté soient condamnés à des conditions d'accès qui relèvent plus de l'ordre de l'exploit que de l'exercice réel d'un droit affirmé et sécurisé.
Comment ne pas faire nôtres, les positions exprimées par ATD Quart Monde, le Secours Catholique, le Secours Populaire, la Fondation de l'Abbé Pierre, Emmaüs et bien d'autres associations.

Les situations de fragilité appellent une obligation pour le pouvoir politique de s'assurer que les droits vitaux- et le logement en est un- sont bien respectés. Assez du palliatif social ! Sans doute nous faudrait il entendre la colère du Père Joseph Wrezinski qui rappelait que "la misère n'est pas faite pour être soulagée mais pour être éradiquée."
Lors des 81èmes Semaines Sociales de France sur le thème "qu'est-ce qu'une société juste", Bernard Lacharme, Secrétaire du Haut Comité au Logement pour les personnes défavorisées, exprima fortement la nécessité de cette opposabilité.

Avec le Docteur Xavier Emmanuelli, Président de ce même Comité et fondateur du SAMU social, Louis Besson, auteur de la loi Solidarité et renouvellements urbains et tant d'hommes et de femmes engagés ou de bonne volonté, nous considérons qu'un logement effectif et opposable ne saurait souffrir ni discussion ni division au sein de notre Pays.Je voudrais seulement souligner une difficulté et le risque d'une dérive quant à la mise en œuvre de ce droit :
- Quelle est l'autorité qui sera responsable de l'opposabilité?
- A quelle échelle se situera le recours pour rendre effectif ce droit : l'Etat, le département, l'intercommunalité, la commune ?
L'instance retenue ne sera pas innocente pour sa bonne application; la réponse est en souffrance.
- Qui peut contester que dans des quartiers "difficiles", nombre de logements sont vacants; leur ouverture ne conduirait elle pas très facilement, lâchement, à s'exonérer de cette opposabilité en aggravant leurs fragilités ? Confrontés à un chômage massif, au sentiment de relégation accompagné des traces de la misère urbaine ne serait-il pas inique que ces mêmes quartiers se voient imposer le poids de cette mesure nouvelle – que nous souhaitons avec force – mais avec l'assurance que de tels risques soient maîtrisés.

Cette avancée sur le plan du droit doit s'accompagner de vigilance pour que le principe d'opposabilité n'altère pas l'intérêt bien compris des personnes démunies. La cohésion sociale appelle le refus de la ghettoïsation comme le respect des personnes exige l'offre d'un toit pour tous, avec des conditions d'habitabilité facilitant la vie intime et les relations sociales. Assez de ces machines à loger !
Le droit opposable doit être accompagné d'un engagement national pour la construction. Sur ces deux dernières années plus de 900 000 logements furent mis en chantier mais seulement ¼ d'entre eux présente des niveaux de loyer accessibles au 2/3 des ménages.

Au seuil de cette année nouvelle comment ne pas se réjouir que la question du droit au logement soit enfin devenue un enjeu national, ce qu'elle est pourtant depuis bien longtemps. L'association des "enfants de Don Quichotte" a mis en exergue, avec talent, ce drame que nombreux nous dénonçons depuis longtemps sans vraiment nous faire entendre.
La médiatisation des tentes a permis une prise de conscience qui ne saurait être étouffée par des réponses inappropriées comme l'hébergement d'urgence. Il s'agit bien d'un logement opposable au bénéfice de chacun. Une telle perspective conduit à ouvrir un autre chantier pour mettre en corrélation le droit de propriété et le droit au logement et réétudier une meilleure mise en œuvre de la mixité sociale.

Si en 2007 élever des murs s'accompagnait d'un refus de l'indifférence pour bâtir et construire avec plus d'humanité, l'année ne serait elle pas celle d'une dynamique pour une plus grande cohésion du corps social :

Une belle ouverture pour une solidarité renouvelée.